Pastoralisme africain, science climatique et politiques d’adaptation

Novembre 2011

Dépliant de l’événement (uniquement en anglais) :

Collaboration multipartite pour renforcer les politiques d’adaptation des peuples autochtones pastoraux africains

Annonce d’évènement

Date : vendredi 2 décembre 2011

Horaires : de 20h15 à 21h45

Lieu : Levubu River, Parc des expositions, Durban

L’équipe du forum « En première ligne face au changement climatique » est heureuse de vous annoncer l’évènement dédié à la Collaboration multipartite pour renforcer les politiques d’adaptation des peuples autochtones pastoraux africains, organisé en marge de la Conférence des Nations Unies sur le Climat de 2011 à Durban.

En soutien au Cadre d’adaptation de Cancun (CAC), le Ministère de l’Hydrologie urbaine et rurale du Tchad, l’Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad et le Comité de Coordination des Peuples autochtones d’Afrique (IPACC), organisent un dialogue multipartite sur le changement climatique, les savoirs locaux et les populations autochtones pastorales africaines. Les participants étudieront comment les météorologues, les peuples autochtones et les décideurs politiques peuvent renforcer de manière conjointe les programmes d’adaptation et leur mise en pratique.

Un message de bienvenue sera adressé par son Excellence le général Mahamat Ali Abdallah Nassour, Ministre de l’hydrologie urbaine et rurale du Tchad. Présidée par Douglas Nakashima, responsable du programme de l’UNESCO sur les Systèmes de savoirs locaux et autochtones (LINKS), la session inclura une vidéo et un rapport sur les résultats de la Conférence de N’Djamena de 2011.

L’évènement est organisé par le Comité de Coordination des Peuples autochtones d’Afrique (IPACC), en collaboration avec le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), Conservation International, l’Organisation des Nations Unies, pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation mondiale météorologique (OMM) et le Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD).


Novembre 2011

Déclaration de N’Djamena sur l’adaptation au changement climatique, le pastoralisme autochtone, les savoirs traditionnels et la météorologie en Afrique

Des délégués des peuples autochtones de cinq pays africains (Tchad, Niger, Kenya, Namibie et Afrique du Sud) ont participé à une conférence de deux jours à N’Djamena (Tchad) pour discuter avec des météorologistes de la manière d’associer les savoirs traditionnels des éleveurs à la science climatique afin de répondre aux menaces et aux risques actuels liés au changement climatique.

La conférence a aussi souligné la nécessité d’une participation effective des peuples autochtones, y compris les bergers, à des plateformes nationales sur l’adaptation ainsi qu’à d’autres processus nationaux afin d’assurer une paix e des modes de subsistance durables, tout en favorisant la conservation biologique face à une aggravation de l’instabilité climatique.

La conférence a été organisée par l’Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT) et le Comité de Coordination des Peuples autochtones d’Afrique (IPACC).

Les principales conclusions incluent :

  • Les savoirs traditionnels et la science climatique sont tous deux extrêmement importants pour les politiques d’adaptation et le renforcement de la résilience des communautés locales afin de faire face au changement climatique ;
  • Les savoirs traditionnels et la science climatique doivent être mis en commun pour créer des synergies qui peuvent guider les politiques, la surveillance et l’étude de l’adaptation. C’est à travers ces deux systèmes de savoirs qu’une meilleure synchronisation pourra être atteinte entre les prévisions, les réponses anticipées ainsi que les retours d’une gouvernance appropriée. Ces deux systèmes de savoirs doivent être mis en forme dans les médias de manière intelligible et fonctionnelle au sein des plateformes nationales d’adaptation et pour l’usage public ;
  • Le changement climatique accentue la vulnérabilité sociale et économique avec le risque de conflits sérieux et de pauvreté. Un élément clé de l’adaptation au climat est d’assurer une bonne gouvernance, les droits de l’homme et l’équité sociale afin de maintenir l’harmonie locale, nationale et régionale pendant les périodes de tension ;
  • Le Cadre d’adaptation des Nations Unies de Cancun, les Programmes d’action nationaux sur l’adaptation (PANA) et les Plans nationaux d’adaptation (PAN) pourraient être plus efficaces à travers des plateformes nationales sur l’adaptation bien conçues et financées ;
  • Les plateformes nationales sur l’adaptation doivent inclure une large fourchette de communautés rurales et urbaines avec une attention particulière donnée à des approches participatives afin de faciliter la contribution des bergers, des chasseurs-cueilleurs, des agriculteurs et des pêcheurs ;
  • Les plateformes nationales sur l’adaptation doivent faciliter une circulation à deux sens des idées, des informations et de l’aide à la résilience ainsi que le partage équitable des coûts et des profits. Les apports et les résultats de ces plateformes doivent être significatifs et pertinents.

Les délégués des peuples autochtones ont travaillé avec les Services météorologiques du Tchad, le Centre national tchadien pour l’appui à la recherche (CNAR) ainsi que des organismes internationaux telles que l’Organisation mondiale de météorologie (OMM), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), les Projets de petites subventions du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le Centre technique de coopération agricole et rurale UE–ACP (CTA). Les résultats de l’atelier ont été présentés à l’Honorable Ministère de l’Hydrologie urbaine et rurale et à l’Honorable Ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation de la République du Tchad.

Résultats de la Table ronde de haut niveau sur le pastoralisme, les savoirs traditionnels, la météorologie et la mise en œuvre des programmes d’adaptation au changement climatique

9 novembre 2011

Suite à la conférence de deux jours sur l’adaptation au changement climatique, un panel de haut niveau composé de deux ministres tchadiens et de représentants d’organisations nationales et internationales d’experts techniques a participé à une table ronde sur l’adaptation et le pastoralisme.

Son Excellence, le Ministre national de l’Hydrologie urbaine et rurale, Général Mahamat Ali Abdallah Nassour, a souligné les points suivants :

  • L’adaptation nécessite de reconnaître la réalité du changement climatique et de la vulnérabilité, et devrait faire appel aussi bien à l’expérience de la science qu’à celle des savoirs traditionnels, afin de trouver des réponses adéquates ;
  • L’interaction entre la science et les éleveurs est importante pour le Tchad. Nous sommes face à des défis politiques dans un grand nombre de domaines, dont celui de l’environnement, de l’utilisation des terres, de la gestion de l’eau et du changement du climat global. Des risques accrus de conflits doivent être évités par l’élaboration de politiques efficaces et la pleine participation des communautés concernées, des éleveurs en particulier ;
  • L’Afrique doit développer des politiques adéquates et déployer des ressources financières pour surmonter les contraintes naturelles et garantir un processus étoffé incluant la planification et l’évaluation ;
  • Les sciences météorologiques permettent la prévision du temps et des schémas saisonniers. Des efforts sont nécessaires dans les délais afin d’échanger ces informations avec les personnes concernées ;
  • Le financement est un élément important dans la création de plateformes nationales d’adaptation. La solidarité internationale, que ce soit en expertise ou en financement, demeure très importante pour les Pays les Moins Avancés.

Son Excellence le Ministre national de l’Agriculture et de l’Irrigation, l’Honorable Dr Djime Adoum a quant à lui précisé que :

  • Les savoirs traditionnels doivent être inclus parmi les sciences car ils constituent par eux-mêmes une forme de science ;
  • Les variétés traditionnelles de cultures locales deviennent davantage résistantes et requièrent moins de soins en terme d’agriculture ;
  • La plupart des systèmes de production alimentaire, fermière, pastorale et piscicole dans le pays sont encore gérés à un niveau minimum vital – il faut que cette réalité influence l’élaboration des politiques ;
  • L’introduction de variétés améliorées, nouvelles ou hybrides nécessite des moyens supplémentaires, comme plus d’eau ou d’engrais par exemple, et constitue un enjeu financier pour les communautés ;
  • Les Technologies innovantes de l’Information et de la Communication (TIC) seront utilisées pour la saisie et la documentation des savoirs locaux dans le cadre du projet ;
  • Les procédures nationales budgétaires doivent prendre en considération l’impact intersectoriel du changement climatique et assurer à l’avance une planification d’adaptation. Il n’est pas raisonnable d’attendre l’avènement d’une crise avant de chercher des ressources pour y faire face.

La conférence a été close par son Excellence le général Mahamat Ali Abdallah Nassour. Le ministre a souligné la qualité du travail qui avait été réalisé par les délégués et suivra avec intérêt la présentation des résultats lors de la 17ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 10 décembre 2011.


Juin 2011

Associer les systèmes de savoirs autochtones et scientifiques pour les prévisions météorologiques et les programmes d’action en Afrique


Bonn, Allemagne : Lorsqu’ils sont face à des évènements climatiques inattendus, les éleveurs doivent prendre des décisions qui peuvent avoir des conséquences sur leurs cultures, leurs moyens de subsistance et leurs relations avec d’autres communautés voisines. Pendant les périodes de sécheresse, les éleveurs Mbororo doivent s’adapter en modifiant la composition de leurs troupeaux ou en parcourant de longues distances qui dépassent parfois les mille kilomètres, à la recherche de pâturages. La décision de déplacer le bétail en traversant des terres peut engendrer des problèmes avec les fermiers qui doivent faire face également à une période de tension météorologique. Un évènement climatique particulièrement sévère peut aussi aboutir à des changements sur le long terme, en incluant le passage vers l’agropastoralisme et l’introduction de dromadaires supplémentaires au sein d’un troupeau, comme cela a été vu chez des communautés Touareg après la sécheresse de 1972 au Niger. Lors d’un évènement en marge de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Bonn, Hindou Oumarou Ibrahim et Aboubakir Alabachir resituèrent dans leur contexte la dépendance des éleveurs au climat et le besoin d’information météorologique d’utilisation facile.

Les savoirs autochtones et locaux sont les sources principales de la prise de décision et des prévisions météorologiques scientifiques. Ils peuvent aider à améliorer la résilience des communautés à des évènements climatiques et des schémas saisonniers imprévus, d’autant plus en cette époque d’incertitude accrue engendrée par le changement climatique. De même, l’information détenue par les communautés locales, capable de décrire des phénomènes climatiques régionaux étendus dans le temps et dans l’espace, a le potentiel d’enrichir les prévisions météorologiques scientifiques. Dans ses remarques introductives, le président du groupe de travail, M. Douglas Nakashima, de l’UNESCO, a déclaré qu’aussi bien les savoirs autochtones que scientifiques ont le potentiel de fournir des contributions nécessaires et précieuses au registre mondial recensant les connaissances sur le changement climatique, telle que la Base de connaissances sur le changement climatique, une initiative intersectorielle des Nations Unies menée par l’UNESCO et l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

Pourtant, l’information scientifique est rarement présentée d’une manière qui peut être utilisée avec confiance par les communautés. Le Dr Shivakumar de l’OMM a présenté une initiative intitulée le Cadre mondial pour les services climatologiques (GFCS), dont le but est de renforcer l’application des services météorologiques à de multiples niveaux. Il a souligné le fait que, même s’il y avait un accord sur la nécessité de conjuguer les savoirs et les visions du monde des scientifiques et des communautés locales, mettre cela en pratique sur le terrain est un défi. Tout en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, il a proposé d’augmenter l’échelle des discussions de l’évènement en marge de la conférence en les reprenant lors d’un atelier international sur les prévisions météorologiques traditionnelles et scientifiques. Il a invité également l’UNESCO et l’IPACC à prendre part à la plateforme d’interface utilisateur du site du GFCS. Cette synergie a été encouragée davantage et soutenue par le Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD), représenté à l’évènement par Cheikh Kane.

Johnson Cerda, de Conservation International, a souligné l’impact positif du dialogue efficace entre les détenteurs des savoirs traditionnels et les scientifiques sur les politiques d’adaptation, en rappelant au groupe les principes mis en évidence par le Cadre d’adaptation de Cancun.

Les présentations ont été suivies par une discussion ouverte. Les participants ont débattu de l’importance de documenter et de reconnaître la valeur cruciale des savoirs locaux et autochtones, comme base à partir de laquelle des décisions décisives pour leur subsistance sont prises par les communautés, tout en insistant sur la nécessité pour les détenteurs des savoirs eux-mêmes d’établir le cadre dans lequel une telle documentation se réalisera.

Organisé par l’IPACC et l’UNESCO, l’événement en marge de la conférence a inauguré également une initiative conjointe entre l’IPACC, l’UNESCO, l’ACMAD, l’OMM et CI. Dans la suite des présentations du groupe de travail, un représentant du gouvernement du Tchad, M. Moussa Tchitchaou, Directeur des ressources en eau et de la météorologie au Ministère de l’eau et point focal pour la CCNUCC, a annoncé officiellement un atelier qui aura lieu à N’Djamena du 7 au 9 septembre 2011. L’atelier réunira un groupe plus large d’éleveurs et de météorologues représentant plusieurs pays africains afin de développer davantage les discussions des thèmes soulevés pendant l’événement.

Présentations du groupe :

1. Hindou Oumarou, IPACC
2. Aboubakir Alabachir, IPACC
3. Mannava Shivakumar, WMO
4. Johnson Cerda, CI


Mai 2011

Adaptation et pastoralisme africains : synergies entre systèmes de savoirs autochtones et scientifiques en matière de prévision météorologique et de politique de réponse au changement climatique

Annonce de l’événement

L’équipe du forum « En première ligne face au changement climatique » est heureuse de vous annoncer l’évènement, en marge de la Conférence des Nations Unies sur le Climat de 2011 à Bonn, dédié à l’Adaptation et au pastoralisme africains : Associer les systèmes de savoirs autochtones et scientifiques pour les prévisions météorologiques et les programmes d’action en Afrique.

L’association des savoirs d’éleveurs autochtones et de la science météorologique pourrait-elle rendre plus efficace les prévisions météorologiques et les politiques climatiques en Afrique ? L’IPACC et l’UNESCO organisent un groupe de travail en regroupant les perspectives de plusieurs systèmes de savoirs et cultures dans le but d’améliorer l’adaptation, la biodiversité, les modes de subsistance et la sécurité alimentaire.

Nous discuterons de la manière dont les fournisseurs d’information climatique peuvent collaborer avec les bergers en vue de pouvoir fournir aux éleveurs locaux les renseignements leur permettant de prendre les décisions d’adaptation appropriées, basées sur des prévisions météorologiques scientifiques à long terme. Nous aborderons également l’application potentielle des savoirs pastoraux, qui fournissent des données locales étendues dans le temps et dans l’espace nécessaires à la création de prévisions locales plus précises.

Cela représente le premier événement d’une collaboration multipartite qui examinera les moyens de renforcer la politique de réponse au changement climatique avec la contribution à la fois de la science et des savoirs traditionnels, conformément au Cadre d’action pour l’adaptation de Cancun.

Dépliant de l’événement (uniquement en anglais) :