REDD: une course aux profits ou aux conflits ?

6 mars 2009

Les effets de l'initiative REDD seront plus négatifs que positifs, assure Jebra Ram Muchahary de la Indian Confederation of Indigenous and Tribal Peoples – ICITP (Confédération Indienne des Peuples Autochtones et Tribaux, Inde, Asie). Il explique que REDD va générer et augmenter les conflits opposant gardes forestiers et gouvernement d'un côté et peuples autochtones et tribaux de l'autre, concernant l’autorité et les droits fonciers sur les forêts, puisque le processus d'incitations encourage les parties à rivaliser pour obtenir le contrôle des forêts et des territoires forestiers. La valeur des forêts ne sera plus centrée sur l'environnement mais sur l'argent et l'initiative REDD risque ainsi d'accélérer la destruction des forêts. Entre autres, les arbres les plus anciens et les forêts naturelles vont disparaître, ce qui constitue une sérieuse menace sur les écosystèmes forestiers, en particulier dans les pays du tiers-monde. Les aspects spirituels et la relation sacrée entre les peuples autochtones et tribaux et les forêts vont en pâtir et leur relation symbiotique va dangereusement s'éroder et menacer les forêts et les moyens de subsistance des peuples autochtones. REDD n’offre pas de politiques de sauvegarde sociale ou environnementale durables. Elle va plutôt promouvoir la commercialisation des forêts et, contrairement aux effets escomptés, affecter la préservation de la biodiversité, de la faune et de la flore.

REDD est un sujet qui sème la confusion chez beaucoup des nôtres, rapporte Tavurvur de Papouasie-Nouvelle-Guinée (Pacifique). Le gouvernement n'emprunte pas les bonnes voies quant à éduquer et mettre en œuvre les processus REDD dans notre pays. Je n’ai pas été surpris de découvrir que le Projet d’Activités Préparatoires (en anglais, Readiness Plan Idea Note, ou R-PIN) du Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, une proposition de financement REDD auprès du Fond de renforcement de capacité pour la lutte contre la déforestation (FCPF) de la Banque mondiale, avait été rédigé sans concertation avec les propriétaires de terrains de Papouasie-Nouvelle-Guinée, bien que 97% des forêts tropicales leur appartiennent. Malgré cela, la proposition du Gouvernement a d’ores et déjà été approuvée par la Banque mondiale, négligeant sa propre consigne selon laquelle tous les plans pour le FCPF devraient faire l’objet d’une large consultation. La Papouasie-Nouvelle-Guinée n’est pas le seul pays à avoir constitué de façon accélérée la candidature de son Plan d’Activités Préparatoires à l'insu des ONG et des propriétaires autochtones, dans le seul but d'obtenir le « Fond de Préparation » - un des nouveaux mécanismes financiers du FCPF.*

Avez-vous eu connaissance des processus de consultation liés à l'initiative REDD dans votre communauté - les bonnes informations sont-elles transmises aux populations autochtones et rurales ?

De quelle manière croyez vous que les processus de consultation de REDD pourraient être améliorés ?

Partagez vos points de vue et expériences en écrivant à peoples@climatefrontlines.org

*Tavurvur vous suggère de lire son article, Rainforest Politics & the Carbon-Credit Trade in PNG: An Essential Introduction (Politiques des forêts tropicales et le crédit et échange des droits d’émissions de carbone en Papouasie-Nouvelle-Guinée : une introduction essentielle).

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