Les premiers impacts sur la ligne de front
Les premiers impacts du changement climatique se font déjà sentir pour les populations vivant dans les environnements les plus vulnérables :
Le 18 avril 2008, le Bureau du Gouverneur de Pohnpei, l’un des quatre Etats Fédérés de Micronésie, a déclaré l’état d'urgence pour les communes des îles externes, suite à l'intrusion d'eau de mer dans les champs de taro. La déclaration officielle estime que « les sources de nourriture et la vie des personnes de ces municipalités externes sont menacées par le réchauffement climatique, qui a eu pour conséquence l'incursion sans précédent d'eau de mer dans les champs cultivés ; l'incursion d'eau de mer étant à l’origine d’un déclin très important de la production agricole, qui fait à son tour peser de sérieux risques sur l’alimentation et la santé des populations ».
Au printemps, nous avions l'habitude de chasser le morse et la baleine la tête inclinée en avançant le long de la glace, indiquait Merlin Koonooka, de Gambell en Alaska (lors de la Convention sur la Diversité Biologique et le Changement Climatique qui s’est tenue à Helsinki, en Finlande, le 26 mars 2008). Mais la glace d’ici a aujourd’hui un comportement différent. Elle a tendance à se composer de grandes masses comprimées les unes aux autres près du rivage. C'est une « eau glacée réchauffée», elle n’est pas solidement gelée. C'est de la mauvaise glace, le gibier n'aime pas y rester. Cela a donc également un impact sur la chasse parce qu'il est difficile et dangereux de créer un espace stable d'eau libre. La glace se brise très facilement et les tempêtes la désagrègent complètement. Les banquises plus vastes (îles flottantes de glace), qui se fissuraient en formant des larges espaces ouverts propices à la chasse à la baleine ou à d’autres proies, ne se produisent presque plus avec ce genre de glace.
Annie Kelly rapporte dans un communiqué de presse au journal « The Guardian » que « l'espoir s’assèche pour les Miskito du Nicaragua » (le 29 mai 2007). Les habitants de Tuvalu, petite île-Etat du Pacifique, se considèrent comme les premiers réfugiés du changement climatique, car beaucoup ont été contraints de fuir en Nouvelle-Zélande pour échapper à la montée des eaux de l’océan. On s'attend à ce que les îles situées à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer soient peu à peu submergées par les vagues. Les communautés autochtones de Porto Rico ont vu progressivement disparaître les plantes qu'elles collectent pour exercer leur médecine traditionnelle, rendant impossible la poursuite de ces pratiques curatives. Les graves sécheresses ont également obligé le peuple nomade Turkana, au nord-ouest du Kenya, à se réfugier dans les villes et les reliefs après avoir vu leurs troupeaux de chameaux, de vaches et de chèvres entièrement décimés. Bien qu'ils soient accoutumés aux périodes sèches et aux pénuries alimentaires qui en résultent, les sécheresses deviennent plus intenses et fréquentes.
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